J'aime les journées ordinaires au cours desquelles il ne se passe rien de bien particulier. Aucun évênement fâcheux qui fait baisser le moral et aucune joie trop intense qui fait perdre les pédales et débouche sur des actes irréfléchis. En me livrant à une introspection toute personnelle, je me suis apperçue que pour pouvoir atteindre l'état propre à la sérénité, il fallait maîtriser les pulsions générées par ses émotions en toutes circonstances. Nous devenons bien trop vite esclaves de ces pulsions qui menacent de notre équilibre intérieur alors que nous avons la capacité de prendre du recul avant de leur laisser libre cours. Jusqu'à l'âge de 33 ans, je pensais que lutter contre leurs effets toxiques était un travail épuisant et qu'il valait mieux les laisser s'exprimer dans la mesure où elles n'étaient pas dangereuses pour autrui. J'avais tout faux car la solution était en fait de se recentrer en se livrant à des exercices de méditation. Bien entendu, il m'arrive encore de me laisser submerger par des émotions trop fortes qui font jaillir des pulsions sous jacentes. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'aime les journées sans remous où règnent la zénitude et pendant lesquelles on a nul besoin de faire quoi que ce soit pour provoquer cet état. En un sens, le véritable bonheur est de pouvoir ressentir une paix intérieure continuelle et non de laisser ses mauvais démons se déchaîner et provoquer l'anarchie de notre état mental. Vive les journées ordinaires !